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Hiver

Rien que pour le plaisir

J’aimerais vous offrir

De la tisane de fleurs

À l’odeur du bonheur

Quelques chocolats noirs

Parfumés à l’espoir

Des verrines de joie

Une écharpe de soie

Des instants envoûtants

Des livres palpitants

Pour cette année nouvelle

Du plomb dans la cervelle

De ceux qui nous gouvernent

Trêve de balivernes !

Et un petit poème

Pour tous les gens que j’aime

Que la vie leur soit douce

Sans la moindre secousse

Martine Desgrippes Devaux

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Fleur de velours bleu

 

 

Hasard d'une chute originelle

jaillissement pétrifié

d'une étrange pierre

venue frapper au cœur le velours bleu

des pétales impassibles

 

éclaboussures discrètes en perles de lumière

candeur des filaments projetés

éclats des lignes déjouées

en élans corsetés

 

éternité sans cesse recréée à nos pieds

 

 

Nous vous souhaitons

des jours d'un velours aussi bleu

pour l'année à venir

Daniel Collin

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Quelques poèmes de saison

Bonne année

 

Bonne année à toutes les choses :

Au monde ! A la mer ! Aux forêts !

Bonne année à toutes les roses

Que l’hiver prépare en secret

Bonne année à tous ceux qui s’aiment

Et qui m’entendent ici-bas …​

Et bonne année aussi quand même

A tous ceux qui ne s’aiment pas !

Rosemonde Gérard Rostand, Les Pipeaux

Dans l’interminable …

 

Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

Corneille poussive

Et vous, les loups maigres,

Par ces bises aigres

Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable

Ennui de la plaine

La neige incertaine

Luit comme du sable.

Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874

L’hiver qui vient

 

Blocus sentimental ! Messageries du Levant ! …

Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,

Oh ! le vent ! …

La Toussaint, la Noël et la Nouvelle Année,

Oh, dans les bruines, toutes mes cheminées ! …

D’usines…

On ne peut plus s’asseoir, tous les bancs sont mouillés ;

Crois-moi, c’est bien fini jusqu’à l’année prochaine,

Tant les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,

Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine !…

Ah, nuées accourues des côtes de la Manche,

Vous nous avez gâté notre dernier dimanche.

Il bruine ;

Dans la forêt mouillée, les toiles d’araignées

Ploient sous les gouttes d’eau, et c’est leur ruine.

Jules Laforgue

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Rêvé pour l’hiver

 

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose

Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,

Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le cou…

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

- Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud

Matin d’hiver

 

On s'éveille,

Du coton dans les oreilles

Une petite angoisse douce

Autour du cœur, comme mousse !

C'est la neige

L'hiver blanc

Sur ses semelles de liège,

Qui nous a surpris, dormant

Guy-Charles Cros

Brise marine

 

L’hiver a défleuri la lande et le courtil.

Tout est mort. Sur la roche uniformément grise

Où la lame sans fin de l’Atlantique brise,

Le pétale fané pend au dernier pistil.

Et pourtant je ne sais quel arome subtil

Exhalé de la mer jusqu’à moi par la brise,

D’un effluve si tiède emplit mon cœur qu’il grise ;

Ce souffle étrangement parfumé, d’où vient-il ?

Ah ! Je le reconnais. C’est de trois mille lieues

Qu’il vient, de l’Ouest, là-bas où les Antilles bleues

Se pâment sous l’ardeur de l’astre occidental ;

Et j’ai, de ce récif battu du flot kymrique,

Respiré dans le vent qu’embauma l’air natal

La fleur jadis éclose au jardin d’Amérique.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

et pour se réchauffer, un texte de Tristan Corbière envoyé par Bernard qui l'a reçu de son ami poète de Morlaix Jean-Albert Guénégan

Vésuves et Cie

Pompeïa-station — Vésuve, est-ce encor toi ?
Toi qui fis mon bonheur, tout petit, en Bretagne,
— Du bon temps où la foi transportait la montagne —
Sur un bel abat-jour, chez une tante à moi :

Tu te détachais noir, sur un fond transparent,
Et la lampe grillait les feux de ton cratère.
C’était le confesseur, dit-on, de ma grand’mère
Qui t’avait rapporté de Rome tout flambant…

Plus grand, je te revis à l’Opéra-Comique.
— Rôle jadis créé par toi : Le Dernier Jour
De Pompéï. — Ton feu s’en allait en musique,
On te soufflait ton rôle, et… tu ne fis qu’un four.

— Nous nous sommes revus : devant-de-cheminée,
À Marseille, en congé, sans musique, et sans feu :
Bleu sur fond rose, avec ta Méditerranée
Te renvoyant pendu, rose sur un champ bleu.

— Souvent tu vins à moi la première, ô Montagne !
Je te rends ta visite, exprès, à la campagne.
Le Vrai Vésuve est toi, puisqu’on m’a fait cent francs !
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Mais les autres petits étaient plus ressemblants.

Tristan Corbière, Les Amours jaunes

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Bernard et son ami breton proposent également d'écouter un texte écrit par une autrice contemporaine : "Vision des murs".

Heather Dohollau (née Lloyd à Treherbert, au pays de Galles, le 22 janvier 1925, et morte à Saint-Brieuc le 30 avril 2013) est une poète britannique d'expression française.

Visions des mursHeather Dohollau
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Marie-Paule Demont nous propose quelques textes autour des mots

Je pense – pense

j’écris

ensuite

 je parle – parle

 

le premier est muet

le second se tait

mais le troisième

 fait du bruit

 

deux silences

pour éclore et sonner

  à la vie

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Surprise

les mots les mots

quelle ivresse

je les jette

et la belle envolée

de voyelles et de consonnes

retombe

écrit

« toi »

Des mots

comme une plante

comme une main

tendue

comme une prière

 

Dix vingt mots

qui s’épanouissent

quémandent la lumière

comme une plante offrande

et gourmande

que j’arroserai demain

 

Je les sentirai frémir

sous la caresse de l’eau

et les sentirai vibrer

à toujours chercher

le ciel le soleil

et ses étincelles

dans la fraîcheur du jour

à peine levé

 

Des mots

comme une plante

comme une ribambelle

de beauté

intenses et fiers

éclos pour mon regard

et mon intense fascination

Ce soir de pleine lune

mon esprit s’allume

refuse le repos

refuse la trêve

et me voilà

à appeler les mots

pour occuper mon insomnie

pour accaparer ce temps

dans le calme de la nuit.

 

Les mots accourent

m’infiltrent et m’accueillent.

Je fonce dans l’écriture.

Le stylo qui glisse

   sur la feuille

en sensation puérile

   et lumineuse.

            Et

J’écris mes pensées

dans la clarté dorée

et chaude de la nuit

et je sais mon cœur

en plénitude

prêt à tout saisir

prêt à tout prendre

   et les mots

curieux et empressés

    à raconter

la sensualité la beauté

   de l’écriture.

Aujourd’hui poésie

avec un mot choisi

agréable et pas farouche

gouleyant en bouche

soyeux au toucher

et gourmand au palais.

 

Mais ..mais ce mot

faribole et farandole

rigole et s’envole

imite le rossignol.

Nu et fanfaronnant

dodeline au soleil levant

imite la pluie

s’éclate en goutte de rosée

éclabousse mes pensées.

 

   Visiblement

il n’a pas le temps.

J’ai un contre temps

     me dit-il

Je ne peux pas.

    Visiblement

aujourd’hui je n’écrirai pas.

Des mots qui sautillent la nuit

et explosent au petit matin

gerbe de pensées

brassée de pluie ..

Kevin Zagni nous offre quelques poèmes tirés de son recueil "La vie belle"

Les meilleurs

 

Une longue route ma vie

Riche en expériences

Dans la lumière et la nuit

Un chemin d’espérance

 

Vous êtes venus ce samedi

Quel bonheur, quelle chance

Vous tous je vous remercie 

De votre douce présence 

 

Vous m’offrez mes amis 

Vos beaux rires, vos danses

Tous nos efforts accomplis

Maintenant prennent sens

 

Le dimanche 6 juillet 2025

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Accalmie

 

Le temps d'une accalmie

Bercé de musique profonde 

Baigné par les alchimies

Par les images et les ondes

 

Je vous écris ces mots

Pour être encore vivant 

Pour me maintenir à flot

Et suivre les bons courants

 

Je vous parle de l’amour

Et de Dieu notre nature

Quand s'amenuise le jour

Et les Hommes parjurent

 

Le jeudi 24 juillet 2025

Couverture illustrée par Léon, 9 ans et Dominique MISSIAEN, son grand-père

Une chance 

 

Naissent et demeurent libres

D'être heureux et aimés

Dans le respect et l'équilibre 

Au chaud et réconfortés

 

En amour nous sommes égaux 

Chacun peut à l'autre donner

Tout le monde peut être beau 

Les richesses il faut chercher

 

Alors en amour et amitié 

Allons en bienveillance 

Où les droits de l'humanité 

Sont respectés par chance 

 

Le mardi 29 juillet 2025

Espérance 

 

Une pousse plantée dans la jeune friche

Vite, elle s’est étalée – la terre était riche

 

De fleurs violettes la plante s’est garnie

La belle mistinguette nos yeux a ravi

 

La saison finie, les fleurs fanèrent

Naquirent les fruits, pleins de bonne chair

 

Il y avait plus loin un autre parterre

Où l’oiseau malin avait fort à faire

 

Il aimait cette plante aux feuilles de velours

Et les tiges montantes, aux graines d’amour

 

Ô magie du jaune dans les pattes d’ours

S’il y a deux génomes, il y a deux sources

 

Cette petite histoire, cette douce merveille

Me procure l'espoir en cette nuit de veille 

 

Le vendredi 17 octobre 2025

Confort

 

À l'ombre des feuilles du chêne vert

Ou au soleil levant en terrasse

Respirer près du bois le bon air

Vivre à l'abri et profiter de l’espace

 

Un grand bienfait est bien sûr ce confort

Un repos dans les tumultes de la vie

À quarante ans cependant je m'endors

Rassuré et serein à l'aube de la nuit

 

Je vais provoquer le changement 

Sans pourtant rechercher davantage 

Car je porte dans le flux de mon sang

La nature conquérante et sauvage 

 

Le samedi 13 septembre 2025

Kevin Zagni

Solidaire et Responsable 💗  Soutenez les auteurs !

Auto-éditions poétiques - https://solidaire-et-responsable.org/

Voici trois poèmes récents envoyés par Marc Rébéna

 Vie accomplie

 

Quelle âme endolorie attend son doux réveil    

Alors que le sommeil rempli de volupté                         

De l’aube émerveillée attend le doux éveil ?

Serait-ce le désir d’une vie espérée ?

 

Je m’en irai léger vers la vie solitaire,

Plein de douce espérance et rempli de mystère

Et le bonheur aimé des ermites anciens

Suffira à mon cœur joyeux et incertain.

 

Plus rien ne fait bouger ma vivante paupière.

Un sourire léger ignore ma misère

Et le souffle ignoré des plaisirs opportuns

Apporte à mon désir la fraîcheur du matin.

 

Je ne saurai mourir en ce jour adoré.

L’avenir ignoré me tend son doux refrain.

Je rêve de pleurer car la joie délivrée

D'un coup d’aile assuré effleure mon destin. 

Rêve vespéral

 

A l’aube d’un mystère où s’engourdit ma vie,

Je parle à mon image ignorée de l’ennui.

Un songe solitaire étonne mon esprit

Où parfois épargnée une étincelle luit.

 

Un souffle épanoui éloigne l’ironie

D'une vie appelée au désir inouï.

Le plaisir appelé à l’invincible acmé

Du sommeil et du rêve attend l’humble hyménée.

 

Quelle flamme inspirée des sinistres lubies

S'empare de mon être encline à l’amitié ?

Je l’accueille étonné par sa gaieté sacrée

Qui traverse mon corps à jamais ranimé.

                                              

Un sourire éphémère apaise mon sommeil

Et le rend perméable à la secrète envie.

Saurais-je m’habituer à cette nuit vermeille

Où s’éloigne sans peur le goût de l’inertie ?    

Marc Rébéna   

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Sourire orgueilleux

 

Un sourire orgueilleux éclate dans ma chair  

Qui respire l’amour comme un ardent visage

Cet élan impérieux plein d’ombre solitaire

D'un coup de rein fatal me force le passage.

 

Serait-ce le désir d’une âme immaculée ?

Un plaisir contrarié me tend son énergie

Inconnue des docteurs au souffle empuanti.

Voudrait-il m’éloigner des plus tendres clartés ?

 

La campagne ignorée m’adresse un doux message

Qui étonne mon être abonné aux soupirs.

Une friche inconnue de mon fervent sourire

Ignore mon désir exempt de tout dressage.

 

Au soleil majestueux qui réchauffe mon corps

J'adresse mon salut plein de fière innocence.

La lune épanouie inonde le décor

D'une délicieuse et limpide insouciance.    

 

 

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l’hiver

- l’hiver       l’envers du décor

- l’hiver       qui engourdit les corps

- l’hiver      qu’on doit supporter

- l’hiver       dont le vert attend le printemps

- l’hiver       avec   ses travers et empêchements

- l’hiver       le gel des poètes

- l’hiver       sous mon pull avec hélas se cache mon cœur

- l’hiver       qui n’en finit pas avec sa pluie sur mes nuits

- l’hiver       ou je crie mon ennui

- l’hiver       bientôt fini j’espère

- l’hiver       qui s’oublie à l’arrivée des amoureux de la mer

- l’hiver       je le barre du calendrier vite fait

- l’hiver       comme chaque année nécessaire pour apprécier l’été 

 

Danydeb

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