
La Normandie

Peinture Martine Desgrippes Devaux
Textes d'auteurs
L’Odeur de mon Pays
L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeait des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi.
Je venais de hocher le pommier arrondi,
Et je m’inquiétais d’avoir laissé ouverte
Derrière moi, la porte au toit de chaume mou ..
Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah ! je ne guérirai jamais de mon pays !
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans leur fraîcheur, la paix et toute l’innocence ?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…
Lucie Delarue-Mardrus



Falaises de Normandie
« Voulez-vous de la mer connaître un vrai miracle,
Disait-il ; voulez-vous contempler un spectacle
Que le poète ému cherche d'un pas fréquent ?
Partez un jour, gagnez les côtes de Fécamp ;
Sur la grève en talus que le flot escalade,
Allez voir Étretat, maritime peuplade,
Assise obscurément sur les mêmes galets
Où la Gaule romaine eut son dernier relais.
Choisissez l'équinoxe : au printemps, à l'automne.
Octobre, quand j'y fus, chargeait son ciel qui tonne.
C'est alors que la mer, à ses plus bas niveaux,
Livre à l'explorateur l'accès de ses caveaux. [...]
Joseph Autran (1813-1877)
Recueil : Les Poèmes de la mer (1859).
La poésie était partout ici … elle était toi,
Servante au pas nerveux qui trayais d’un doigt brun
Et toi, dryade du ruisseau qui tordais en riant
Au soleil de l’aurore ta chevelure bouclée de songes…
Le rêve de la nuit qui s’éloignait en agitant
Son pâle tambourin d’étoiles qui s’éteignaient
Comme s’effacent dans les yeux du dormeur éveillé
Les rires douloureux, les désirs interdits, absence, votre étreinte…
Oh ! tremble, agite ta nostalgie argentée sur mon âme,
Evanouis-toi sur ma lèvre, baiser de l’aurore,
Quand l’alouette émue embrase, amoureux du soleil, les chaumes,
Les tristes chaumes dispersés par les brumes de l’automne…
Poésie éternelle, amie de la Solitude malheureuse, vois :
Dieu châtie son poète d’avoir trop aimé la féminité de la forme.
La vie était en moi comme un sourd métronome.
André Druelle Florilège poétique

Nos poèmes
Le petit bréviaire du normand
Être normand je vous le dis
C’est se sentir de son pays,
Avoir bon appétit, bon pied,
Être de solide amitié,
Avoir l’humeur prompte et gaillarde,
Langue fine plus que bavarde,
Regarder haut, regarder loin,
Au-delà du champ du voisin
Et sans en abuser l’octroi,
Savoir sa limite et son droit…
Être bon normand, c’est aussi
Peser de l’œil et de l’esprit
Tant la moisson que le boisseau,
Partager le cidre au tonneau
Sous les pommiers ronds et fleuris.
Mon bréviaire je vous le dis,
C’est d’être audacieux et modeste,
La vie se charge bien du reste.


Caen ma ville
Vois-tu comme elle est belle et savante ma ville,
Elle sait accueillir le flâneur ou chaland,
Offrir ou la boutique ou la halte tranquille
Et mener au château ou la nef de Saint-Jean.
La visite est partout : dans le port et la rue,
Dans ses deux abbayes, joyaux de Normandie,
Ses jardins, ses musées, l’Orne pleine ou décrue
Et le fruit toujours vert de sa vaste Prairie.
Chaque quartier de Caen a sa vie singulière,
Les étals familiers de ses marchés fournis :
Saint-Pierre et Saint-Sauveur, Leroy, la Guérinière
Où vendeurs et clients deviennent des amis.
Elle a su se doter, après la déchirure
D’un présent inventif qui souffle vers l’avant,
Sans occulter jamais, mais dans la voie future
Qui fait de Caen ma ville, un Mémorial vivant.
*La douleur m’a brisée, la fraternité m’a relevée, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté.
Visite au Mémorial
Douleur, Fraternité, Blessure, Liberté
Au fronton de la pierre, les mots ont arrêté
Un instant le regard et ils ont pénétré :
Des ados, des copains, à chacun son cahier.
Ils sont entrés légers, regroupés au hasard,
Et sont sortis différents quelques heures plus tard.
Ils avaient dans les yeux tout le poids de l’Histoire
Qu’ils connaissaient pourtant, mais savoir n’est pas croire.
En faisant le chemin, pas à pas, dans l’écoute
Dans la restitution de victoire ou déroute,
Dans le contexte brut et la vraie résonnance,
S’est ouverte la brèche où fuira leur enfance.
Ils sont entrés légers, regroupés au hasard,
Et le corps tout entier a percuté sa part
D’un choc qui leur frémit tout au long de la peau
Ébranlant sans savoir un inconscient nouveau.
Ils riront tout à l’heure à l’école, à la ville,
Ce qui n’exclura pas l’empreinte indélébile
Inscrite dans le cœur quand ils avaient seize ans,
Ils sont entrés ados … sortis adolescents.

Qui eut osé ?
À Franck Duncombe *
Qui eut osé croire, sous l’œil qui s’afflige
Au vu de grouillants coupables débords,
Dans une ignorance occultant les torts,
Sans souci, scrupule, affect ou litige
Que sous la ferraille et végétaux morts,
Bidons et débris calcinés et tors,
La décharge inique et promise au vestige
Devienne en la ville un havre aux trésors,
Qui eut osé ?
Il fallait l’idée, il fallait que dis-je ?
Il fallait surtout l’étincelle alors
Pour que le projet peu à peu s’érige
Au prix sans compter d’amour et d’efforts
En un lieu de paix, de joie, de prestige,
En un mémorial de beauté d’abord,
Qui eut osé ?
*Franck Duncombe maire-adjoint et de l’environnement fut à l’origine de ce projet de faire d’une ancienne décharge à ciel ouvert, un parc floral : la future Colline aux oiseaux qui sera inaugurée en 1994 pour le cinquantième anniversaire du débarquement.

La roseraie
Toutes les roses ont explosé
Comme un carillon de couleurs
Dans le labyrinthe agencé
Ou le buisson gorgé d’odeurs.
Étalées en faux abandon
Ou corsetées comme des reines,
Blanches ou pourpres, ou saumon,
Veinées comme des porcelaines,
Qu’elles soient velours ou peau d’ange,
Magnifiées chacune à leur tour
D’une aura discrète ou étrange,
Elles ont l’éclat de l’amour …
Quand les roses sont à la fête,
Apothéose de splendeur,
La colline aux oiseaux est prête
À nous offrir la joie du cœur.
La colline aux oiseaux 2012

La côte normande
Pensez aux reflets des épis de blés mûrs
Et aux bruits des vagues qui lèchent la jetée
De votre ville vous quitterez les murs
Pour vos pieds dans le sable aller réchauffer
Vous inspirerez en douceur l'air pur
Qui chatouille vos sens de sa brume iodée
Et retrouverez ce soir votre douce nature
Enfant plein d'amour vous vous assoupirez
Bienvenue cher.e ami.e d'élégante allure
En les terres normandes le temps d’un été
Nous nous y croiserons j'en suis sûr
Au détour d'une balade sur une route pavée
Ou à l'abri de la pluie dans un coin de verdure
Un instant un moment pour se reposer
Le 13 avril 2023


Soir d’été à Cabourg
En plein cœur de l’été, la vie ralentissait,
Écrasée de chaleur, la journée finissait.
Nous avions achevé nos tâches quotidiennes,
Abrités du soleil par l’ombre des persiennes.
L’envie nous prit alors de fuir cette torpeur
Et d’aller vers la mer rechercher la fraîcheur.
Notre choix se porta sur la Côte Fleurie,
Son rivage riant propre à la flânerie.
Autour du Grand Hôtel au charme prestigieux,
L’âme de Marcel Proust subsistait en ces lieux.
L’espace d’un instant, je devins Albertine,
Protégeant mon teint clair sous une capeline.
Le long de la jetée se croisaient des passants
Qui offraient leur visage au vent rafraîchissant.
Un tout petit garçon galopait sur la digue
Et riait aux éclats, ignorant la fatigue.
Les vagues apaisées refluaient doucement,
Oubliant sur le sable, en fugace ornement,
Pour un très court instant leur dentelle d’écume.
De grands bateaux au loin se fondaient dans la brume.
Dans la mer en fusion, le disque flamboyant,
En une symphonie de rouge chatoyant,
S’immergeait lentement, et chacun, en silence,
Contemplait, fasciné, cette magnificence.
Puis il fallut laisser la plage aux crustacés,
Repartir un peu las, tendrement enlacés,
Savourant de l’air frais la subtile caresse
Et de ce soir d’été, l’ambiance enchanteresse.

Eléphant assoiffé à la livrée d’albâtre,
Tu braves sans faiblir le reflux capricieux,
Résistant aux embruns, en colosse opiniâtre.
Eperon belliqueux, érigé vers les cieux,
Tu caches en ton sein d’abondantes richesses.
Arsène, paraît-il, malfaiteur audacieux,
Tenta pour les voler d’impensables prouesses.

Omaha Beach
Il avait dix-huit ans, toi, tu n’existais pas
Sur la terre asservie, il vint dans la tourmente,
Et le danger rôdait à chacun de ses pas,
Sous le poids du barda, la peur était présente.
Tu contemples, songeur, la croix de marbre blanc,
Une question t’obsède : était-il volontaire ?
Loin de son Tennessee, pour un destin sanglant,
A-t-il contre son gré supporté ce calvaire ?
Le calme n’est troublé que par les cris d’oiseaux
Sur le sable doré que la vague caresse.
Comment imaginer qu’un jour de juin ces eaux
Ont connu la fureur, les tirs et la détresse ?
Plus de quatre-vingts ans déjà, sont révolus
En ces lieux de mémoire où l’on s’étonne et vibre.
Toi, tu as dix-huit ans et lui n’existe plus.
Il a donné sa vie afin que tu sois libre.

Peinture Martine Desgrippes Devaux

Parfum d’enfance
Nous étions un essaim de turbulents gamins,
Venus des HLM explorer sans vergogne
La décharge en plein air, creusant à pleines mains
Pour un camion sans roues ou une poupée borgne.
Lorsque la nuit tombait, nous rentrions, puants,
Affronter sans broncher les foudres maternelles,
Puis la vie nous vola nos ébats réjouissants,
Nous offrant en retour des errances nouvelles.
Les années ont passé. Bien loin de la cité
J’ai dû gagner mon pain et j’ai saisi ma chance.
Mais au soir de ma vie, avant l’obscurité,
Je viens revoir enfin les lieux de mon enfance.
J’admire ce jardin, joliment agencé
Où l’été, sans mesure, offre une apothéose.
Ah ! Quelle heureuse idée d’avoir su remplacer
Le relent des déchets par un parfum de rose !

Sur les falaises hautes de Port-en-Bessin-Huppain,
Un filet de lueurs se hisse enfin, au loin.
Les chalutiers rentrent, la corne sous l’écume,
Et la mer dépose ses coquilles dans la brume.
Le Nordet connaît tous les noms des matelots,
Il les crie aux cordages hissés sur les bateaux
Et les mouettes dessinent des cercles dès l’aurore
Au-dessus des bassins là où s’endort le port.
La criée s’éveille, les voix montent des quais,
Mariées au sel, au gasoil et aux quolibets.
Aux vagues se mêle la traversée des pêcheurs,
Quand la marée débarque un morceau de leur cœur.
Et le soir descend sur les digues impatientes,
Les feux du port s’allument en étoiles brillantes.
Mais quand la Manche devient dure et incertaine,
Sur le rivage, on éprouve angoisse et peine.
Port-en-Bessin, entre mémoire et horizon,
Tu conserves dans tes eaux, couleur de saison,
L’âme de la Normandie, fière et éternelle
Qui vogue comme une très belle ritournelle.


Destination Hôtel de Ville d'Hérouville
Quel hasard heureux me permettra aujourd'hui de saisir ma chance pour m'offrir en toute impunité de nouvelles perspectives enthousiasmantes ? Une lumière naissante chatouille mes paupières encore endormies et me fait ouvrir l'oeil avec la douceur d'un nouveau né à l'abri dans son berceau. Une tenue légère me suffit à cette saison où la température estivale n'est que faiblement atténuée par la fraîcheur nocturne. Comme guidé par la lueur du jour, je franchis le seuil de mon appartement avec le vif désir de me laisser bercer par le silence matinal. Un sourire délicat égaie mon visage heureux de se laisser pénétrer par la douceur sereine de l'air d'Hérouville. Je ne presse pas le pas de manière à m'imprégner pleinement par le calme de la nuit finissante. Aucun fantôme passager ne vient perturber mon allure lente et régulière. Le ciel semble se couvrir de couleurs vives encores impossibles il y a quelques minutes. Je le scrute en observateur averti mais néanmoins surpris par la beauté des teintes qui le traversent.Les ombres vacillantes des immeubles me saluent avec la déférence de vieilles connaissances respectueuses. Des images rétrospectives me parviennent et viennent illuminer mon esprit aux aguets. Au fur et à mesure de mon avancée dans la ville, la lumière se fait plus vive et me permet de visualiser plus nettement le spectacle urbain qui s'étale devant moi. Des blocs d'immeubles séparés par des ruelles tracées au cordeau occupent l'espace de façon massive et découpent le ciel verticalement et de manière tranchante.Plus loin, la place de l'Hôtel de Ville me propose son magnifique espace et son jet d'eau qui coule tranquillement comme une source cristalline. Ce bruit clair me rappelle les stations que j'y faisais ces derniers jours pour me rafraîchir. Un chien aboie joyeusement en me voyant approcher du bâtiment de la mairie mais reste immobile à la vue de l'homme calme et inoffensif que je suis. Serais-je parvenu à ma destination en ce lieu solennel et officiel ? Je profite encore un peu de ma présence solitaire en ce lieu habituellement fréquenté en pleine journée.
Marc Rébéna Le 17 janvier 2021

BENOUVILLE
C'était un 7 septembre.
L'année importe guère.
J'arrivais à la vie
dix ans après ma sœur
pour le plus grand bonheur
de mon père et ma mère.
Il faisait beau et chaud
en cette fin d'été
mais de cela je n'ai de souvenir
pas même de ce lieu
où mes yeux bleus
s'ouvrirent.
Plus tard, évoquant ma naissance,
à un auditoire amusé
je raconterai l'histoire de cette demeure
au destin singulier
tour à tour haut lieu de résistance,
pouponnière et maternité.
Je n'en tire pas gloire,
ni de fierté puérile
mais à la question « où es-tu née ? »
je répondrai sur le ton de la confidence,
comme s'il s'agissait d'une incroyable chance
« Moi je suis née à Bénouville ».
Car il est peu commun
Il faut qu'on en convienne
n'étant ni princesse, ni reine,
en souliers de satin ou en simples sabots
de naître dans un château
sans être châtelaine...


Deauville
C'était un jour d'octobre à Deauville.
J'avais choisi l'hôtel où poser nos valises.
Vers la plage, je t'ai suivi docile
sous la lumière grise.
Sur les planches nous marchions
et nos mains se tenaient.
Parfois tu posais un baiser
sur mes lèvres en un subtil frisson.
Je parlais comme souvent je le fais
beaucoup et sans méfiance
et toi très peu tu répondais
préférant le silence
Ce fut notre première nuit.
Compliquée.
Nous en avons souri,
amusés.
La mer a recueilli nos premières promesses.
Celles que l'on murmure
avec délicatesse
pour que les murs s'écroulent et tombent les armures.
J'ai pris ce coquillage
talisman dérisoire
protection illusoire
contre les mauvais vents et les fiévreux présages.
C'était un jour d'octobre, est-ce que tu te souviens ?
Tu avais balayé toutes mes réticences.
Je me sentais vivante. Demain
se nourrissait de cet espoir immense.
Nous le savons pourtant,
nos bonheurs sont fragiles
et l'amour inconstant.
Malgré les chabadabadas
qu'on fredonne tout bas
en octobre à Deauville.
Meuvaines
Comme souvent lorsque je vais te voir, la pluie m'accompagne pendant tout le trajet. A peine sortie de Caen, le ciel s'assombrit déjà. J'hésite toujours à faire demi-tour. Non, je ne le ferai pas. J'ai mes deux bouquets de roses et cette jolie petite potée de pensée que j'ai achetée.
C'est bizarre quand même ces averses récurrentes. A croire que tu ne veux pas me voir.
Remarque, lorsque je vais à Aunay, c'est pareil. A me décourager de venir fleurir vos tombes.

Aujourd'hui encore, le ciel était noir jusqu'à Crépon. Après, miraculeusement (intervention divine ? Rien n'est moins sûr) il s'est légèrement éclairci.
J'aime quand j'arrive en haut de la côte qui me conduit à Meuvaines. Je ralentis un peu car devant moi, avant d'entamer la descente, j'ai une vue dégagée sur Arromanches, ses pontons et la mer toujours d'une couleur différente. Verte, bleue, marron. C'est magnifique.
Je pense croiser quelqu'un lorsque je pénètre dans le cimetière. Je n'y rencontre jamais personne. Aujourd'hui non plus.
Je mets mes roses dans les vases. Je jette les précédentes.
Je ne te dis pas grand chose. Je ne sais pas si tu m'entends. J'évoque rapidement les changements dans ma vie, mes rencontres. Mes erreurs, mes doutes. J'attends un assentiment ou une réprobation, un conseil aussi.
Je n'ai jamais de réponse à mes questions. Je n'ai pas non plus de reproches. Tu te refuses sûrement à intervenir dans ma vie.
C'est décevant ce manque de participation. Alors bien souvent, je ne dis rien. J'arrache quelques mauvaises herbes. Je nettoie le marbre souillé. Et je reste plantée là. Sans trop savoir pourquoi. Je ne pleure plus. Mes larmes se sont taries quand j'ai compris que je ne te reverrai plus jamais. Cela m'a pris presque quatre ans.
Je n'ai jamais pu visualiser ton corps sous la dalle. Pourtant en fermant les yeux j'essaie de l'imaginer. Mais quel intérêt à le faire. J'ai déjà bien du mal à te retrouver vivant. Non décidément, tu es invisible. Comme je le suis pour toi.
Parfois, je fais le tour du cimetière et vais saluer tes parents. J'ai le même rituel lorsque je vais à Aunay. Voir les sépultures nouvelles. Au cas où je connaîtrais quelqu'un.
La pluie menace à nouveau, déjà je reçois quelques gouttes. C'est le signal. Je me hâte de reprendre mes affaires et te dis au revoir. Je comprends qu'il faut que je parte. Je te laisse à ton éternité. A bientôt mon chéri.
La prochaine fois, peut-être, il fera beau.
Marie-Françoise Malherbe